Camille Bedin – 31 janvier 2015

Camille Bedin est Secrétaire Générale Adjointe de l’UMP en charge de l’éducation.
Lors d’une récente tribune dans un quotidien elle nous a généreusement offert LA solution aux maux de l’École (oui, oui, encore une !).

Source : Les Inrocks

L’idée est louable (même si elle n’est guère originale) mais on peut craindre, au vu des solutions proposées que le jour de gloire soit encore loin d’arriver puisque ce qu’elle propose n’est ni plus ni moins une liste de « y’a qu’à » et de « faut qu’on » proposant au mieux des choses qui existent déjà, au pire un projet inopérant, ou bien encore des vœux pieux qui ne mangent pas de pain.

Nous ne devons plus accepter les petits renoncements du quotidien à la laïcité dans nos écoles: chaque concession est une démission.

Cela commence par permettre aux élèves de sortir de l’école primaire en sachant parler, lire et écrire la langue française, en connaissant les grands auteurs qui l’ont honorée! Il faut apprendre à nouveau l’histoire de façon chronologique et continue, sans flagornerie et sans honte.

Il faut enfin valoriser les enseignants en fonction du travail qu’ils accomplissent, des résultats obtenus avec leurs élèves, et non plus de leur seule ancienneté. Là encore, l’exemplarité doit nous conduire à ne plus faire deux poids, deux mesures: la méritocratie doit être pour les élèves comme pour le reste de la société.

[Les parents] doivent être étroitement associés au processus éducatif, accompagnés et formés quand nécessaire par la création d’Écoles des parents. Chaque famille doit être en mesure d’accompagner la scolarité de ses enfants.

Une fois que les bases à l’École seront à nouveau posées, c’est au système de formation et au marché du travail de se décloisonner.

C’est en lisant un projet comme celui-ci qu’on se dit que l’École est loin d’être sortie des ronces.
Félicitons tout de même Camille Bedin pour cette nomination méritée.

Danièle Sallenave – 1er Janvier 2015

Lors de la précédente édition, le comité du prix Thubal Holoferne avait fait part de son grand regret de voir si peu de femmes en lice.
Nous tenons donc à remercier tout particulièrement madame Danièle Sallenave d’avoir offert au journal Le Monde, pour son édition du 1er janvier (page 14) cette tribune qui lui permet d’entrer en majesté dans la liste des nominés 2015.

Source : Canal Académie

Source : Canal Académie

L’actualité éducative de ce tout début d’année était numérique, avec l’annonce du plan de François Hollande (cela parait si loin aujourd’hui…) et madame l’académicienne, qui est sans doute plus douée pour la langue italienne que pour le Fortran, nous montre qu’elle a encore beaucoup de choses à apprendre concernant la pédagogie en général et la pédagogie numérique en particulier. Nous n’osons croire que sur le fauteuil de Maurice Druon s’est installé un postérieur qui, au XXIe siècle, en est encore à fantasmer la guerre entre les profs et les ordinateurs…

Derrière le  » grand plan numérique  » pour l’éducation se cache la misère de la pensée politique en matière de transmission. A l’heure d’Internet, il est temps de réaffirmer la place éminente du professeur.

(…) Puisque le numérique a multiplié les sources du savoir et en a facilité l’accès, l’élève désormais  » en sait autant et plus que le maître « . Autrement dit, ce que l’Internet remettrait radicalement en question, c’est la place du maître dans le processus même de la transmission. Le maître deviendrait un simple  » facilitateur « . Si c’en était la conséquence, à moins qu’on nourrisse contre eux de vieux ressentiments, il n’y aurait du reste pas à se réjouir que l’arrivée du numérique soit la chronique d’une mort annoncée des profs.

Bienvenue dans les premiers nominés 2015 !

 

Luc Ferry – 22 janvier 2015

L’encre du prix 2014 n’est pas encore sèche qu’il faut reprendre la lourde tâche qui est la nôtre. La trêve des confiseurs à peine achevée, un bien triste actualité a propulsé l’École sous les feux de la rampe, responsable qu’elle est, comme nous le savons tous, de la bêtise humaine, de la haine et de la violence. Le mois de janvier sera donc encore une fois fécond pour notre comité.

Source : Wikipédia

Source : Wikipédia

Le mérite de la première nomination de l’année 2015 revient donc à Luc Ferry, écrivain, ex-philosophe et ex-ministre de l’Éducation Nationale, pour une interview donnée au journal Le Point et publiée le 22 janvier. Il y évoque les cours d’éducation civique, « complètement débiles « 

Répondant au journaliste qui, confondant laïcité et catholicisme lui demandait ce qu’il pensait des modules de formation sur la laïcité (en commençant sa question d’une façon – même pas – équivoque par « Autre credo, la laïcité. »), le lointain petit cousin de Jules répondait sans ambages :

Arrêtez ! Pitié ! Ce ne sont pas les enseignants qu’il faut former, ce sont les élèves qu’il faut former ! Si les enseignants ne savent pas ce que c’est que la laïcité, c’est qu’ils ont raté leur concours !

Comme quoi à force d’oublier d’aller assurer les cours qu’on est sensé dispenser, on en oublie ce qu’est l’acte d’enseignement….

Bienvenue à lui parmi les futurs candidats au trophée 2015 !

Le Prix Thubal Holoferne 2014 a été décerné à …..

Vous avez été très nombreux à voter, même s’il était bien difficile de choisir…

Voici donc les résultats tant attendus !

Tout d’abord, afin de ne pas les accabler, nous jetterons un voile pudique sur les noms des candidats n’ayant pas atteint le score de 5% des suffrages exprimés. Qu’ils ne désespèrent pas, en matière d’erreur sur l’éducation, il est toujours possible de faire pire et l’année 2015 sera peut être leur année.

Une mention spéciale du comité sera décernée à madame Natacha Polony, parce que seule femme ayant eu le courage de se présenter devant notre jury. Oui, c’est du favoritisme. Et alors ? Nous espérons qu’elle inspirera de nouvelles épigones* en 2015 ou qu’elle saura mériter mieux que cette pauvre 5e place (7.77 % des suffrages exprimés) l’année prochaine.

Nous sommes sincèrement peinés pour cet échec au pied du podium (en 4e position, dite aussi « la position du couillon » avec  9.84% des voix) qui frappe de plein fouet monsieur Alain Finkielkraut. Il n’a pourtant pas démérité et le jury promet d’écouter chaque semaine* son émission radiophonique afin de ne rien rater des propos du grand homme.

10.36% des voix se sont portées sur Michel Onfray, qui devance d’un poil de … d’un poil quoi, son collègue philosophe. Cela nous promet une belle bagarre l’année prochaine entre l’élève de Heidegger et l’ancien professeur de Sainte Ursule.

Les deux premières places ont été fort disputées pendant la première semaine de vote, mais Antoine Compagnon, avec 20.73% des voix, rate finalement la première marche du podium. Il gagne cependant une image dédicacée par le jury pour son engagement auprès de la cause féministe.

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Il est candidat à tout, il ne pouvait donc pas rater sa nomination au prix Thubal Holoferne, qui fut faite in extremis. Vous avez été nombreux à voter pour lui (33.16%), certains pour la toute première (et dernière) fois. Le comité soupçonne d’ailleurs que c’est en partie une des raisons qui lui ont valu vos suffrages.

C’est donc avec une joie non dissimulée que nous allons adresser rue de Vaugirard, le Prix Thubal Holoferne 2014 qui a été attribué sans conteste à monsieur Nicolas Sarkozy.
Ce diplôme, dont nous ne doutons pas qu’il ornera bientôt les murs de son bureau, sera accompagné d’une licence pour le logiciel EDT. Grâce au nouveau président de l’UMP, les membres du comité bénéficieront dès la rentrée de septembre 2015 d’emplois du temps merveilleux qui leur permettront de partir en week-end dès le mardi soir.

Je sais c’est dur pour les autres, mais c’est quand même mérité non ?

thubalholoferne2014

À l’année prochaine !

* Eh oui, y’a pas que les agrégées de lettres qui ont du vocabulaire🙂
** Sauf les semaines où il y a cours de poney.

 

 

Votez pour le Prix Thubal Holoferne 2014 !

Nous voici donc à la fin d’une année flamboyante concernant l’erreur dans le domaine de l’éducation.

Les candidats se sont littéralement bousculés jusqu’au dernier moment afin de participer et d’avoir la chance d’être, peut-être, l’élu de cette année 2014. Les femmes se sont beaucoup moins bousculées, il faut le dire. Sans nul doute un effet de leur réserve et de leur discrétion naturelle.

Comme vous le savez, c’est grâce à vos votes que ce prix sera décerné et que le récipiendaire se verra adresser un diplôme certifiant de son engagement pour la cause de l’erreur en matière éducative.

Il y a finalement 17 nominés pour ce prix.
Comme vous le savez, car vous avez attentivement lu le règlement (ou pas), la liste aurait été beaucoup plus longue si nous n’avions pas d’emblée exclus les acteurs du monde éducatif.
Vous constaterez peut être également quelques « grands absents », mais ils ont promis de faire tout leur possible pour être nominés l’année prochaine.

En attendant c’est à vous de jouer !
N.B. : Le vote est ouvert du 15 décembre 00:01 au 31 décembre à 23:59 h

Nicolas Sarkozy – 14 décembre 2014

C’est son discours de Bordeaux du 22 novembre dernier qui vaut à l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy sa nomination in extremis.

Nicolas Sarkozy
Source : Wikipédia

Cet extrait a été repris de nombreuses fois par les médias, mais ce n’est pas une raison pour priver un candidat méritant d’une nomination bien gagnée.

« Avec dix-huit heures de service, les enseignants, et je peux le comprendre, bloquent l’ensemble de leurs heures sur deux jours. Et quand les enfants sortent de classe, il n’y a plus un adulte dans nos collèges et lycées »

Nous savons tous que les enseignants enseignent 9h par jour pendant deux jours puis partent en long week-end en Corse.

Laurent Wauquiez – 15 novembre 2014

Cette nomination a été largement débattue au sein du comité de nomination au Prix Thibal Holoferne, qui a finalement décidé de la rendre effective.

Source : Wikipédia by Alesclar

Elle se fonde sur les twitts publiés par ceux qui ont assisté cette semaine à une conférence(?) que donnait le député de Haute-Loire au siège de l’UNI, à Boulogne. Il s’agit donc de propos rapportés par des sources non confirmées mais nous faisons confiance à nos lecteurs pour séparer le bon grain de l’ivraie.
Nous vous laissons donc déduire de ces propos la haute connaissance que cet élu de la République a des réalités actuelles de l’école. Vous pourrez facilement imaginer également de quelle école il rêve pour les années à venir.

–  » On a gommé tout ce qui faisait la fierté d’être français dans les livres d’histoire.  »
–  » Nos programmes scolaires sont uniquement dans l’auto-flagellation.  »
–  » On a ruiné l’éducation nationale.  »
–  » On a banni l’apprentissage par coeur, erreur !  »
–  » Le problème majeur de la France c’est l’éducation en primaire. Nos statistiques sont équivalentes à celles du.. Mexique. »
–  » Il faut retrouver une école qui s’appuie sur la méritocratie et la récompense de l’effort  »
–  » Vous avez des profs qui ont eu 2/20 à l’épreuve d’orthographe. »

La sur-représentation du « On » dans ses phrases laisse tout de même rêveur, de même que la haute estime dans laquelle il tient nos collègues Mexicains. Et nous n’oserions pas l’accabler en lui demandant où il a bien pu aller dénicher une épreuve d’orthographe dans les concours de recrutement des enseignants…..

Un futur ministre de l’éducation en puissance !
En tout les cas quelqu’un qui sait bien adapter son discours à son public.