19 septembre – Laure de la Raudière

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Soucieux de la parité en matière de n’importe quoi dans le domaine éducatif, le comité a la joie de vous faire part de la nomination de madame Laure de la Raudière (née Laure du Tillet), députée Les Républicains dans la 3e circonscription d’Eure-et-Loir, pour avoir affirmé dans un tweet plein de fulgurance que :

Najat Vallaud-Belkacem rend optionnel l »esprit des Lumières », à l’origine de la République laïque et continue à donner des leçons. (04/09/2016)

N’écoutant que leur probité, les membres du comité sont donc partis à la recherche de l’optionalité de « l’esprit des Lumières » dans les programmes d’histoire.
Il se trouve que les Lumières étant au programme (obligatoire) de l’Histoire des Arts au cycle 4 et du premier chapitre d’histoire de 4e, cette optionalité reste encore à démontrer.

Nous supposerons donc que madame de la Raudière a du récemment sortir d’un caisson cryogénique et se croit encore en 2015. Cette année là, de nombreux « intellectuels » publiaient des articles offusqués (par exemple Thierry Maugenest dans le Huffington Post, ou Madeleine Bazin de Jessey dans le Figaro, pour ne citer que ceux-là) après la parution des projets de programmes. Ils proposaient de rendre l’étude des Lumières en elles-mêmes facultative, tout en sachant bien que les professeurs enseignant les causes de la Révolution Française ne pouvaient pas en faire l’impasse. Pour une fois, le Conseil Supérieur des Programmes leur faisaient confiance sur ce coup-là. Finalement, pour acheter la paix des salons, le mot « optionnel » a été retiré de la version définitive des programmes d’histoire.

Bref, on est en 2016, presque 2017 ; ces programmes définitifs sont appliqués depuis quelques jours et madame de la Raudière, qui ne les a visiblement pas lus, entre d’un pas triomphal dans le cercle des heureux nominés. Ce dont nous ne pouvons que l’en féliciter.

12 septembre – Didier Cozin

didier-cozinÀ la lecture de son texte, le comité de sélection du prix Thubal Holoferne n’a pas hésité une seconde à proposer monsieur Didier Cozin, pour le millésime 2016-2017.
Comme vous pourrez le constater en lisant les quelques extraits que nous citons, il se pourrait même que cette candidature rassemble vos suffrages lors de la décision finale.
Paru hier sur le site des Echos, le titre même de son billet annonce un grand champion :

Il faut fermer les écoles maternelles ou assumer notre déclin éducatif.

Didier Cozin, qui se présente comme « Ingénieur de formation professionnelle » est un ancien enseignant de SES, qui a démissionné en 2006 pour créer sa propre agence de formation – l’Agence pour la Formation Tout au Long de la Vie (AFTLV).
Il est donc, par là même, un grand spécialiste de l’école maternelle.
Et cela se sent à la lecture de son article :

Ce système de scolarisation massive et précoce dès la maternelle (…) est très couteux (des enseignants qui ont un master pour réaliser une garderie plus ou moins efficace ou menée d’abord par les ATSEM)

Car enfin, la maternelle, on le sait désormais grâce à lui, est la source de tous les maux, en particulier dans les milieux sociaux défavorisés :

Il peut être « toxique » suivant le quartier où l’enfant est scolarisé (dans les banlieues difficiles, le chaos éducatif et les mauvaises habitudes commencent souvent dès l’école maternelle)

 

Post-scriptum : Tou(te)s les enseignant(e)s de maternelle ayant été installés en PLS à la suite de la lecture de cet article, vous pourrez avec sérénité vous pencher sur les écrits de Bruno Suchaut sur l’école maternelle, si vous voulez vous faire un véritable avis sur la question.

4 septembre 2016 – François Fillon

FrançoisFillon

Poursuivant notre série sur les candidats à la candidature pour la prochaine élection présidentielle, le comité Thubal Holoferne, dans son abnégation, a lu le programme de François Fillon concernant l’éducation. On y trouve un très joli passage sur l’organisation des enseignements à l’école primaire.

Concentrer l’enseignement élémentaire sur le socle de connaissances (lecture, calcul, écriture, grandes dates et grands personnages de l’histoire de la Nation, géographie de la France et des régions) auquel les maîtres devront consacrer les 3/4 du temps d’enseignement.

Consacrer le quart du temps restant à l’ouverture sur le monde et aux enjeux contemporains : découverte des sciences et des arts, culture numérique, éducation à l’environnement, sport, anglais.

Faisons un rapide calcul. Le nombre d’heure d’enseignement en primaire étant de 24h, l’ancien Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, magnanime, propose donc de consacrer un total de 6 heures hebdomadaires aux enseignements suivants :
– Sciences
– Arts
– Culture numérique
– Éducation à l’environnement (et non pas au développement durable, vous remarquerez…)
– Sport (et non pas à l’Éducation Physique et Sportive)
– Anglais (et pas à une autres langues comme l’allemand par exemple)

Ce qui signifie que, par exemple, le temps de se rendre à la piscine et de se mettre en maillot, les enfants auront la possibilité de passer 10 minutes dans l’eau avant de se précipiter dans les vestiaires et de retourner très vite à l’école.

Et avec une heure d’anglais au maximum par semaine, nul doute que, grâce à François Fillon, on verra se « Renforcer la pratique de l’anglais de l’école primaire au lycée en mettant l’accent sur son utilisation pratique à l’oral (vie quotidienne et professionnelle)« .

1er septembre 2016 – Henry de Lesquen

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Le programme du candidat à la candidature de la prochaine présidentielle, fondateur du Club de l’Horloge et président de Radio-Courtoisie, n’a pas oublié l’École. Sur ce sujet (et sur tous les autres d’ailleurs) est proprement consternant. Tellement consternant que ça pourrait être drôle si cet homme n’avait pas un jour été élu par certains de ses concitoyens à des fonctions municipales.
Pour le dire simplement, il n’y va pas avec le dos de la cuiller (en argent), même si finalement c’est au sujet de l’éducation qu’il est le moins outrancier.

« Tout l’enseignement sera privatisé. Les enseignants ne seront plus fonctionnaires. Du primaire à l’université, l’Etat attribuera un crédit d’enseignement par élève aux écoles respectant l’identité nationale. »

Venant d’un homme qui a fait toute sa carrière en tant que haut fonctionnaire de l’État depuis la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, c’est quand même assez croquignolet !

Quand à l’idée de ne financer que les établissements « respectant l’identité nationale », nous sommes toujours sans nouvelles de nos envoyés spéciaux dépêchés sur le terrain pour comprendre de quoi il s’agit.

Le retour du prix Thubal Holoferne !

La rentrée scolaire est le moment des grandes résolutions. Le comité scientifique du très convoité Prix Thubal Holoferne a donc pris, à l’unanimité (mais après de longs et acharnés débats), la décision de faire coïncider désormais les nominations avec le calendrier scolaire. Les premières accompagneront donc la rentrée des enseignants le 1er septembre.

Grande nouveauté cette année, le comité scientifique décernera plusieurs prix dont un Grand Prix Spécial du Comité et un Grand Prix du Public.

Les votes se dérouleront entre le 1er et le 30 juin, participant à la fois à la reconquête de ce mois trop désoccupé et à la distraction des enseignants pendant la surveillance des épreuves du baccalauréat.

Les lauréats seront proclamés le 1er juillet 2017 et recevront leurs prix par voie postale.

Nous vous rappelons à toutes fins utiles que vous pouvez à tout moment proposer une nomination en utilisant le formulaire mis à votre disposition et qu’une même personnalité peut être nominée plusieurs fois.
Nous vous invitons à consulter les conditions de réception des candidatures en cliquant sur l’onglet « Kesce que cé ce truc ? » situé en haut de cette page.

Que le meilleur (du pire) gagne !

Camille Bedin – 31 janvier 2015

Camille Bedin est Secrétaire Générale Adjointe de l’UMP en charge de l’éducation.
Lors d’une récente tribune dans un quotidien elle nous a généreusement offert LA solution aux maux de l’École (oui, oui, encore une !).

Source : Les Inrocks

L’idée est louable (même si elle n’est guère originale) mais on peut craindre, au vu des solutions proposées que le jour de gloire soit encore loin d’arriver puisque ce qu’elle propose n’est ni plus ni moins une liste de « y’a qu’à » et de « faut qu’on » proposant au mieux des choses qui existent déjà, au pire un projet inopérant, ou bien encore des vœux pieux qui ne mangent pas de pain.

Nous ne devons plus accepter les petits renoncements du quotidien à la laïcité dans nos écoles: chaque concession est une démission.

Cela commence par permettre aux élèves de sortir de l’école primaire en sachant parler, lire et écrire la langue française, en connaissant les grands auteurs qui l’ont honorée! Il faut apprendre à nouveau l’histoire de façon chronologique et continue, sans flagornerie et sans honte.

Il faut enfin valoriser les enseignants en fonction du travail qu’ils accomplissent, des résultats obtenus avec leurs élèves, et non plus de leur seule ancienneté. Là encore, l’exemplarité doit nous conduire à ne plus faire deux poids, deux mesures: la méritocratie doit être pour les élèves comme pour le reste de la société.

[Les parents] doivent être étroitement associés au processus éducatif, accompagnés et formés quand nécessaire par la création d’Écoles des parents. Chaque famille doit être en mesure d’accompagner la scolarité de ses enfants.

Une fois que les bases à l’École seront à nouveau posées, c’est au système de formation et au marché du travail de se décloisonner.

C’est en lisant un projet comme celui-ci qu’on se dit que l’École est loin d’être sortie des ronces.
Félicitons tout de même Camille Bedin pour cette nomination méritée.

Danièle Sallenave – 1er Janvier 2015

Lors de la précédente édition, le comité du prix Thubal Holoferne avait fait part de son grand regret de voir si peu de femmes en lice.
Nous tenons donc à remercier tout particulièrement madame Danièle Sallenave d’avoir offert au journal Le Monde, pour son édition du 1er janvier (page 14) cette tribune qui lui permet d’entrer en majesté dans la liste des nominés 2015.

Source : Canal Académie

Source : Canal Académie

L’actualité éducative de ce tout début d’année était numérique, avec l’annonce du plan de François Hollande (cela parait si loin aujourd’hui…) et madame l’académicienne, qui est sans doute plus douée pour la langue italienne que pour le Fortran, nous montre qu’elle a encore beaucoup de choses à apprendre concernant la pédagogie en général et la pédagogie numérique en particulier. Nous n’osons croire que sur le fauteuil de Maurice Druon s’est installé un postérieur qui, au XXIe siècle, en est encore à fantasmer la guerre entre les profs et les ordinateurs…

Derrière le  » grand plan numérique  » pour l’éducation se cache la misère de la pensée politique en matière de transmission. A l’heure d’Internet, il est temps de réaffirmer la place éminente du professeur.

(…) Puisque le numérique a multiplié les sources du savoir et en a facilité l’accès, l’élève désormais  » en sait autant et plus que le maître « . Autrement dit, ce que l’Internet remettrait radicalement en question, c’est la place du maître dans le processus même de la transmission. Le maître deviendrait un simple  » facilitateur « . Si c’en était la conséquence, à moins qu’on nourrisse contre eux de vieux ressentiments, il n’y aurait du reste pas à se réjouir que l’arrivée du numérique soit la chronique d’une mort annoncée des profs.

Bienvenue dans les premiers nominés 2015 !